Buenos Aires, Iguazu y recuerdos de Argentina...

Publié le par carnet d'ailleurs

 

Nous rejoignons Nabil à Buenos Aires. Ça faisait bien un an que l'on ne s'était pas vu. Sensation rare et d'autant plus étrange de ne pas avoir à se présenter à quelqu'un, juste parler de ce qu'on devient « depuis ». On verra Nabil moins que prévu étant donné que toute l'équipe TAOA bosse dur, trè

s dur... Si vous ne l'avez pas encore fait, allez voir le site de l'asso qu'ils ont monté pour la promotion des monnaies sociales (en lien sur notre blog).

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Finalement on restera à BA plus longtemps qu'eux. Bien loin d'en avoir exploré tous les recoins, on s'accordera pourtant quelques jours de repos, à glandouiller un peu, publier sur le blog, et aussi, finir de trier TOUTES nos photos pour en supprimer 2552 et qu'il n'en reste « plus que » 7 000 y pico... (je me félicite moi-même ;)

Mais comme toutes les villes argentines que nous avons traversées, Buenos Aires ne nous inspirera pas plus que ça. Caro, malgré tout mon enthousiasme à visiter la capitale et à oublier certains commentaires négatifs que j'avais entendu, je n'ai finalement pas accroché non plus... Le quartier de la Boca, qui m'avait presque fait rêver par les photos toutes colorées que j'en avais vu, m'a paru factice et bien trop touristique à mon goût. On a pourtant passé deux longues journées à marcher, marcher... mais le cœur n'y était pas. Peut être la fatigue, l'habitude de voyager (même sans attaches ni repères on s'habitue à des choses...), le manque de dépaysement, de choc culturel.

Bref, on a envie de changement et la tête déjà un peu au Brésil...

 

19h de bus et on se rapproche de la frontière. Puerto Iguazu, la chaleur humide, une végétation dense et verdoyante qui contraste avec la terre rouge brique. Et surtout notre première fois dans un hôtel immense, façon Club Med... Une des rares fois où l'on avait dû réserver car tout paraissait déjà booké. Imaginez ma tête en arrivant devant cette « usine à vacanciers »à 10h du mat, fatiguée du voyage et sans la moindre idée auparavant de là où l'on mettait les pieds. Mais Patrice avait pourtant sélectionné le mieux et le moins cher de ce lieu hautement touristique, où les sacs à dos ne font pas vraiment couleur locale...

Presque 13€ par personne donc, pour un dortoir de 6 tout riquiqui et crado (dommage on a aussi un voisin aux pompes qui puent le rat crevé...), sans parler de l'état de la cuisine (certains doivent penser que leur maman va nettoyer derrière eux). Bref, 15mn après avoir découvert tout ça, la réception m'annonce que le check in est à 14h ... à 14h20 on a toujours pas les clés ... à 14h25 on me donne les clés et on me dit que je dois faire mon lit toute seule (bein oui pour le dortoir le plus cher qu'on ait payé de toute l'Argentine, faudrait pas en demander beaucoup plus quand même...) ... à 14h30, on me dit que je ne pourrai pas faire mon lit avant 18h car il y a un problème de laverie et qu'ils n'ont pas de draps dispo (Patrice verra plus tard que les draps sont dehors, mais trempés car il y a eu une averse) ... Tout ça dit bien sur, sans un sourire ni un brin d'excuses, faudrait pas mélanger business et relations humaines.

Il faudra faire avec! Donc je profiterai de quelques longueurs dans la gigantesque piscine et un cours de yoga pour relativiser. On visitera bien sur les vertigineuses chutes d'Iguazu: petit train, passerelles et gamins qui braillent, un air de Disneyland en fait (auquel on parviendra à échapper « un peu » en prenant des petits sentiers...).

 

25h de bus plus tard, on sera à Rio. Pendant le voyage, je me souviens de ce mois et demi passé en Argentine...

Pour en décrire les meilleurs souvenirs, rien de mieux que la phrase d'Estelle et Richard (que l'on avait croisé au Cañon del Colca au Pérou) qui résonne dans ma tête. «La sympathie argentine, des heures à tchatcher avec les gens, pour réaliser en fin de journée qu'on est incapable de suivre les plans qu'on c'était plus ou moins donnés ». C'est exactement ce qui c'est passé pour nous aussi, en dehors des villes. Les meilleurs moments restent les routes et les paysages magnifiques et si variés, les petits pueblos charmants (surtout dans le nord ouest, la province de Cordoba et San Luis) et toutes ces personnes si chaleureuses, riches de leur culture et leur pays, mais aussi curieuses d'en découvrir d'ailleurs.

 

A cela s'ajoutent des détails ou particularités nationales, qui ont pour moi leur importance.

  • Le mate, et la première fois qu'on voyait depuis la Chine des distributeurs d'eau chaude un peu partout. On ne s'est toujours pas habitué à l'amertume de cette boisson nationale mais on a finit par apprécier le terere (variante servie avec de l'eau froide et mélangée avec du jus de fruit, un pêché pour les puristes...).

  • Les autels dédiés à la Difunta Corea (jonchés de bouteilles d'eau) ou au Gaucho Gil (avec plein de drapeaux rouges) sur le bords des routes. Des légendes de personnes miraculeuses qui paraissent presque des anachronismes dans le pays le plus européens qu'on ait traversé.

  • Les « ch » à la place de certains « y » ou du « ll » qui donne quelque chose comme : « cho voy a la placha y luego hacemos una paricha! » ou encore «va por acha, y chega a la cache Sevicha... Cha verà...». Et Patrice qui me demandait à notre arrivée, au resto : c'est quoi un sandwich de « pocho »...?

  • Les asados (barbecues)... que dire d'autre que c'est le meilleur bœuf au monde que l'on ait jamais mangé (et même à 7€ le kg)? Et bien que les argentins en mangent en moyenne 80kg/pers/an (en comptant juste la viande de bœuf...), et que même si j'étais la seule, al final, j'en ai été écœurée. Il faut dire aussi que saignant pour nous veut dire bien cuit pour eux, imaginez, moi qui la mange presque crue.

  • La siesta et les dîners à pas d'heure. Un peu comme en Espagne en fait, sauf qu'en voyage c'est moins marrant. Qu'en attendant que la boucherie ouvre on va chez le boulanger, qui lui aussi est fermé alors on va pour les fruits et légumes, et là devinez... Et quand on demande à un passant quand ça ouvre on vous répondra... « Dentro de un ratito! » (qui est paradoxalement bien pire que si on vous dit « un rato »...). Et pareil pour faire un asado avec des argentins, manger à 21h=23h, on crève la dalle, puis après avoir englouti 500g de viande, on va se coucher juste après... blurp!

  • Les « ché » et les « boludo », et même les « ché, boludo! ». Mais aussi les « vos » (là j'ai carrément refusé de m'y mettre insistant avec mon « tù », j'avais déjà bien pris l'accent argentin, fallait pas qu'on oublie où j'avais appris mon espagnol quand même!).

 

L'Argentine restera aussi le pays de quelques premières expériences:

  • Le camping: et on peut vous assurer que là bas l'ambiance y est « de puta madre »! Les argentins sont super équipés, de vrais pros du camping, avec leur tables, garde-manger, etc. Super sociables et accueillants, beaucoup de jeunes et pas beaufs pour un brin. Moi qui avais en tête le stéréotype du campeur tiré de notre film français...

  • Le stop: on s'est promis que de retour en France on prendrait un auto-stopeur (dès que quelqu'un nous prêterait une voiture...). On se souviendra de chaque argentin qui a bien voulu nous prendre, discuter avec nous, et nous mener même là où l'on avait pas prévu...

Arrivée au Brésil next post...

Publié dans Argentine

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M

Coucou, pas trop eu le temps de passer par ici dernièrement! Ni les moyens! Mon internet n'est pas encore tout à fait au point dans mon nouvel appart!
Encore de super belles photos et plein d'expériences...mais je ressens une petite envie de Paris quand-même?
Bientôt de retour à casita!!
Profitez bien de la chaleur et des couleurs du sud ces derniers jours!
La ville des lumières vous attend sur son 31 ;)
Gros bisous à vous deux*


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E

Ah... Mafaldita...
Merci pour cette pitite dédicace les amis!
L'Argentine sans Quino ne serait pas l'Argentine!

Je vous embrasse fort...

& comme d'hab' : merci pour vos récits, photos, voyages que vous me faites partager & vivre 1 p'tit peu aussi...

Emma


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C

Comme je me réjouis de ne pas être la seule à ne pas avoir vraiment adoré Buenos Aires!! Je me disais moi aussi que c'était à cause de la fatigue, de l'émotion du départ de France, de mon sac à dos
égaré quelque part dans les airs...mais on dirait que ça n'est pas vraiment ça :)


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