Equateur party II

Publié le par carnet d'ailleurs

Il y a eu le marché de Zumbahua, le lac volcanique de Quilotoa, la brume qui tombe à 15h et où l'on ne voit plus à 10m, les nuits froides et le feu de cheminée de notre chambre à raviver, le silence, Chugchilan et une belle ballade à cheval, la vue sur la forêt nuageuse, des gens qui préparent le cimetièrre pour le jour des défunts, des montagnes de patchwork et la fabrique de fromages. On croise des touristes (que des gringos), et forcément car ce sont de tout petits bleds et le peu d'hébergement qu'il y a leur est destiné, mais je ressens tout de même une paisible solitude, tout dégage une tranquillité que l'on aimerait prolonger. Pour les habitants en revanche la vie est plus rude. A Zumbahua la principale activité économique est le marché hebdomadaire. Aux alentours on remarque beaucoup de maisons en construction non achevées et l'on apprendra que les gens ont du mal à gérer leurs revenus. A Quilotoa, la lagune est le seul attrait, il y a quelques stands d'artisanat, déserts, quelques hôtels sommaires dont un tenu par la communauté indigène, mais qui doivent s'approvisionner difficilement. Il y fait très froid dès la fin d'après midi et les nuits semblent être bien plus longues que les jours. Puis à Chugchilan, notre guide à cheval, Roberto, nous parlera de l'exode rurale, ces paysans qui partent chercher un eldorado dans les villes dans l'illusion d'une vie plus confortable. On clôture cette boucle par un trajet Chugchilan/Sigchos à l'arrière du camion de pain, seule alternative au bus de 3h du mat, bien roots mais sympa. A la moitié du chemin on peut monter à l'avant en serrant nos derrières et on discute avec le chauffeur. Sa femme tient la boulangerie à Sigchos et lui fait des tournées dans les petits villages voisins. Sur la route il nous montre des maisons offertes par le président à des paysans démunis. A Sigchos nous avons le temps de déjeuner avant de prendre un bus pour retourner à Latacunga. Il n'y a pas grand chose donc on rentre dans le premier comedor aperçu. Le menu est à 1,5$, et je demande ce qu'il y a comme comida. Je ne pensais pas que la petite dame allait nous apporter en suivant tous les plats cités! En plus de bien manger et pour pas cher, les dueños nous mettent un film sur le judaïsme... On est les seuls pour l'instant, ils tentent notre conversion tout en cuisinant tranquillement. Moi je tourne le dos à la télé, cool, par contre je suis face au mur où ils ont collé un poster de prophéties apocalyptiques... La dame commence à questionner Patrice sur sa religion et lui prêche la bonne parole. Moi j'essaie d'esquiver poliment pour ne pas ouvrir ma grande gueule. C'est qu'ils ont l'air très gentils, j'voudrais pas les froisser. Ils étaient catholiques et se sont convertis à une sorte de courant judaïque je ne sais quoi, puis sont venus d'Otavalo jusqu'ici pour annoncer au plus de monde possible que s'il l'on continue dans cette voie ça se sera la fin du monde (d'ailleurs il y a déjà beaucoup de signes ils disent...). On dit que l'on va ensuite au Pérou, et le mari nous dit qu'il y va pour la réunion annuelle de leur S.... heu... groupe religieux. Vers la fin je leur avoue que je n'ai aucune religion et malgré un petit air d'incompréhension, le petit couple reste aimable et souriant. On les quitte pour reprendre la route direction Baños. Là bas on rencontre dans notre hôtel David (alias Bubi) & Nora, un couple d'argentins, la soixaIMG_9722.JPGntaine passée, en vacances. Bubi a des yeux bleus moqueurs et une bonne tête rasée à blanc, il est pince sans rire, ouvert d'esprit et toujours de bonne humeur. Nora le complète parfaitement. Un soir ils nous proposent de partager des choclos et des bolones pour le dîner. On fait les courses au marché et on leur mitone une délicieuse (faut dire ce qui est...) soupe et Patrice choisi un bon petit vin, argentin biensur. Ils veulent nous remercier, on refuse, je demande juste un mot sur notre carnet de route, Bubi le garde avec lui. Ils nous proposent alors de se ballader un aprèm dans les environs avec leur voiture de loc puis de nous emener avec eux le lendemain jusqu'à Riobamba. On accepte et on passe de si bons moments à rire aussi bien qu'à parler de tout et de rien.... jusqu'à notre arrivée à Riobamba. Tous les hostales sont complets sauf un, trop sommaire pour Bubi mais vraiment pas cher et bon plan pour moi. On se met d'accord pour qu'ils nous appelent ou nous rejoigne à notre hotel une fois qu'ils auront trouvé le leur. On prend nos sacs à dos puis Bubi me rend mon carnet de route où il n'a pas encore écrit en me disant que c'est plus sur, et qu'il le fera plus tard. Patrice et moi on file vite manger un bout puis on attend dans la chambre... tout l'après midi. Le soir toujours aucune nouvelle, on se rend à l'évidence, on ne reverra sans doute plus jamais Bubi & Nora. On emet plein d'hypothèses mais il nous semble bien qu'ils ont voulu que l'on se sépare. Pourquoi comme ça? Et les bons moments passés, avaient ils vraiment de l'importance pour eux? Bref on trace la route vers Cuenca qui se prépare à célebrer 3 jours de fiesta. On galère pour trouver un hôtel, tous doublent les prix. On atteri dans ce qu'on trouve de moins cher, hôtel Monarca, 16$ la double quand même! Mais la première nuit on nous propose seulement une sorte de remise avec un canapé lit, juste à côté de la salle manger. Patrice négocie ce trou à 10$, ça valait pas plus, surtout avec le son qu'ils ont balancé jusqu'à pas d'heure pour attirer des clients au bar, désert... Pour résumer l'histoire qui, biensur, ne s'est pas arrétée là : le lendemain la dueña nous dit qu'elle n'a plus de chambre pour nous en plein milieu d'aprèm, je proteste longuement, puis finalement d'accord mais c'est encore une pseudo chambre merdique, comme une conne je les aide même à y intaller un canap, une heure après c'est 20$, je pète un cable, les filles de la vieille s'en mêle, elles me mentent et me font passer pour une dingue mal polie, là je gueule littéralement, fini de me prendre pour une débile, elles s'en tapent et nous plantent.............. je perds mon sang froid et je pleure de nerfs. Vous aurez bien compris qu'on ne vous recomande pas cet hôtel de merde, qui est même le deuxième de notre liste noire. Ceci dit, tout est bien qui finit bien, Patrice part à la (longue) recherche d'une chambre avant que la nuit tombe, et la trouve. Le seul bon souvenir de cette histoire sera notre rencontre avec Caro et Sylvain(o), nos petits Lama Express, rencontrés dans le dit hotel de merde (j'ai assez répeté "hotel de merde"?). On s'attache à ce couple de jeunes français qui ont décidé de quitter la maison familiale pour découvrir un peu de ce monde. On goûte ensemble notre premier cuy rôti au marché, on visite le parc Cajas grâce à une sortie gratuite organisée par la mairie, et grâce à ça on est tous les 4 interviewés par le très célebre journal local "El Mercurio", puis on se ballade dans les rues en fête de Cuenca, on s'enivre un soir (Canelazo pour moi, que rico!) et puis on parle on parle. On a aussi envie de leur donner des tuyaux sur tout et n'importe quoi, habitudes, réflexes à avoir, etc (je file une grande liste d'injures et gros mots à Caro, au cas où). Notre chemin sera le même jusqu'à Loja puis c'est ensemble qu'on fera nos premiers pas au Pérou. PS: Sachez que nous reverrons par le plus grand des hasards Bubi & Nora à Cuenca. Ils sont évasifs, ils semblent gênés ou je ne sais quoi. On leur donne nos coordonnées, plus de 2 mois après, toujours pas de nouvelles... Va comprendre!

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M

Coucou, les routards,
Je te comprends parfaitement, Audrey, c'est dommage pour cette rencontre que je ne souhaite pas particulièrement ramener à votre mémoire...Je suis d'accord avec Emma, il faut commencer à
s'inquiéter quand les choses commencent à se dérouler comme ça dans le monde...Enfin, va savoir les raisons des gens.
Mais il faut s'attacher aux bonnes choses, aux bons moments. Et sur cette note positive, je voulais profiter pour vous souhaiter une merveilleuse rentrée en 2011.
Gros bisous et à une prochaine*


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E

ah bein je vois qu'on se lache, ma tite Audrey! On emploie des gros mots à tout va! Bravo ! Bon...malgré cette expérience d'hotel MERDIQUE, ces incompréhensions face à des personnes, qui, sans
explications, s'évaporent après avoir partagé de riches moments, je me rends compte que le Monde, Libé & le Parisien ont du soucis à se faire...& vont devoir se batailler pour être les
preums' à Gambetta, miccro & caméra au poing !
:-)
Je continue ma visite du site...n'ai aps encore vu les photos...& "m'attaque" ensuite au Pérou...
Après quoi, je metterai les voiles, pour????partir en vacances !
1000 bisous doux,
emma


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C

jaime bcp cette article...ME rapelle de bon souvenir jespere que vs tout va bien les loulous


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